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EXPOSITION FABRIQUER L’INFINI

Par Stéphanie Coudert, créatrice de mode

Du 9 juillet au 15 octobre 2022

Tous les samedis de 14h à 18h au Désert de Retz

La ville de Chambourcy est heureuse d’accueillir au Désert de Retz Stéphanie Coudert, artiste créatrice de vêtements, dans le cadre du programme « Mondes Nouveaux » initié par le Ministère de la Culture, comme une invitation aux artistes de toutes disciplines à créer et à rêver le monde à venir.

Conçue comme une installation globale dans un parcours initiatique, le projet de Stéphanie dialogue intimement avec le site du Désert, donnant à voir la poétique du geste créatif sous différentes formes : fabrique du vêtement, sculpture, film, création sonore, performances artistiques tout au long de la saison 2022.

« La découverte du Désert de Retz en 2011 lors d’une exposition à Paris au « Plateau » / Frac Île-de France, m’a bouleversée, dit Stéphanie Coudert. J’ai lu attentivement l'ouvrage « Le Désert de Retz, paysage choisi » dans lequel Pierre Morange, maire de Chambourcy, évoque si justement « l’indispensable parcours de ce lieu comme voyage intérieur ».

 

C’est ce que j’ai vu ressentir intensément par les visiteurs, tout comme je le ressentais moi-même : un saisissement des sens entre la force de cette esthétique millimétrée de la ruine comme testament des lumières, et cette sensation de privilège et de soin apporté par la mise en scène du corps dans un paysage construit. Une proposition de liberté sculptée pour l’Autre, comme je conçois mes vêtements.

 

J’ai éprouvé le désir de faire écho aux valeurs de ce microcosme visionnaire, prônant l’extraction du temps, le dialogue des cultures, réunissant les intuitions et acteurs esthétiques les plus pointus d’une époque, sous la forme d’une résurrection du « sens » de ce lieu extraordinaire, ce « Désert » qui dans sa préservation d’une nature remarquable, l’incarnation des synesthésies, et la redéfinition de l’homme social comme metteur en scène de son prochain, résonnent de façon si singulière aujourd’hui.

 

Je partage avec M. de Monville le sens de l’Utopie, de la mise en scène de sa propre existence, comme une performance. Le défi permanent d’un équilibre précaire au service d’une quête esthétique.

Passionnée par la lecture du Tour d’Écrou d’Henry James, et par le Merveilleux, je m’attache dans toutes mes pièces à invoquer la magie de la relation énergétique entre la matière et la personne qui va la porter.

J’ai envie de convoquer ce Merveilleux par la présentation de mes volumes associés à leurs patrons dont les formes tendent vers l’abstraction et se présentent comme autant de cartes, de possibilités d’explorations infinies pour de nouvelles enveloppes. De nouvelles « fabriques ».

 

Passionnée de topologie, je cherche depuis vingt ans une remise en question des codes de l’industrie de la mode, une nouvelle philosophie du vêtement en tant qu’enveloppe infinie jetée telle un caducée autour du corps comme l’énergie de l’eau sculptant les organismes marins. J’invente de nouvelles règles pour le patronage et l’équilibre d’un volume « essentiel » autour du corps, nourri du féminin et du masculin. Je sculpte le vêtement autour du buste, et recherche en 3 dimensions le parcours des coutures pour obtenir un « volume-geste ».  Je mets la main au service de l’abstraction.

 

Je me positionne à côté du système, comme M. de Monville a érigé un espace pour incarner sa vision du monde.

 

C’est donc naturellement que j’ai pensé inscrire ce geste nouveau, mon propre système, dans ce Désert, comme une « nouvelle fabrique ».

 

Je vois dans l’utopie visionnaire de M. de Monville celui qui a édifié son propre protocole, fait de sa « folie » un jardin à visiter, tout comme je propose à l’Autre en permanence à travers mes vitrines la possibilité d’un autre monde »

Exposition visible durant l’ouverture du Désert de Retz selon les tarifs habituels.

Tous les samedis jusqu’au 15 octobre, de 14h à 18h.